Dérèglement climatique : prendre sa part.

C’est grave et il y a urgence.

La communauté scientifique est unanime : le dérèglement climatique est en cours et les conséquences nous sont encore partiellement inconnues. Nous savons seulement qu’elles seront d’ampleur inégalée, toucheront aux grands équilibres mondiaux, à nos modes de vie, à notre santé.

Canicules à répétition, pollution atmosphérique, maladies chroniques, crises alimentaires… sont quelques-unes des conséquences prévues dans les années qui viennent.

Evolution de la température de la planète, 1880-2012

Face à cela, les jeunes générations nous interpellent : « Vous les adultes, dans 40 ans vous serez morts, mais pas nous ! Faites quelque chose ! ». Je ne fais pas partie de ceux qui, plutôt que d’entendre l’interpellation de la jeune Greta Thunberg, essayent de la décrédibiliser, d’une façon assez indigne d’ailleurs. Cette interpellation est légitime, urgente et s’adresse à tous, y compris aux élus locaux.

Que faire à l’échelle d’une ville ? Est-ce utile ? N’est-ce pas illusoire de penser que la résolution d’un problème aussi énorme n’attend rien des décisions locales ? Je ne le crois pas ; chacun doit prendre sa part. La ville doit prendre sa part en promouvant une politique publique locale écologiquement responsable et durable. D’abord parce que cela aura des effets locaux mesurables par les Noiséen-nes et aussi parce que cela s’ajoutera à toutes les autres initiatives ailleurs en France et dans le monde.

Ainsi, élu Maire de Noisy-le-Grand, je proposerai que toutes les décisions du Conseil municipal soient examinées d’abord à l’aune des conséquences environnementales qu’elles génèrent.

Qu’il s’agisse de décisions relatives à des investissements ou des dépenses de fonctionnement, chacune d’entre-elles sera évaluée préalablement sur ce critère : ses conséquences environnementales. Les constructions ou rénovations d’équipements publics communaux, les réfections de voiries, l’organisation des déplacements, les aménagements divers, les marchés publics, tous les secteurs seront concernés.

Concrètement, cela veut dire par exemple que le renouvellement du marché public de la restauration scolaire devra intégrer les circuits courts de distribution, la montée en puissance du Bio pour arriver à 100% à la fin du mandat, ou encore l’arrêt de l’utilisation des plastiques comme contenant alimentaire.
En matière de voirie, cela veut dire concrètement que toutes les voies refaites ou nouvelles devront intégrer des modes de circulation doux. Par ailleurs, les revêtements de ces voies devront être repensés. Le goudron n’est pas le seul matériau existant ; il est polluant et participe au réchauffement de l’atmosphère. Des alternatives existent et sont aujourd’hui reconnues.

Nos équipements publics communaux sont aujourd’hui des passoires énergétiques. La chaleur s’échappe de partout, fenêtres, portes, toits. En clair, nous chauffons la rue ! A la fin du mandat, il faudra avoir lancé un plan de rénovation énergétique de la totalité de nos écoles. Il en existe aujourd’hui un peu plus d’une quarantaine. J’ai initié cette rénovation énergétique des bâtiments scolaires à l’échelle du département. J’en mesure aujourd’hui les effets positifs dans les collèges. Faisons-le pour nos écoles. Pour les constructions nouvelles, inspirons nous de ce que font nos voisins en construisant des équipements publics écologiques et innovants.

La lutte contre le dérèglement climatique passe aussi par la nécessité de refroidir l’espace public. Créer de l’ombre, des espaces frais ou l’air circule est une obligation. Il faut compenser l’effet de chaleur que créent les espaces minéraux très nombreux dans une ville, quelle qu’elle soit. Elu Maire de Noisy-le-Grand, je lancerai un concours de paysagistes visant à identifier dix lieux dans Noisy dans lesquels aménager un jardin, un espace de rafraichissement, une « oasis de fraicheur » où se réfugier quand les températures montent.

Je souhaite aussi développer une agriculture urbaine à Noisy-le-Grand. Les prémices existent : une AMAP (Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne) fonctionne maintenant depuis plusieurs années, la récente ouverture de la Ferme Rainbow, ferme pédagogique située aux Yvris, tout cela témoigne de la nécessité et de la faisabilité d’un tel projet d’agriculture urbaine. Sur ce point aussi, il ne faut pas aller très loin dans le département pour voir que des villes sont déjà investies sur ce sujet.

Ces quelques exemples et propositions montrent qu’une municipalité peut contribuer à la lutte mondiale contre le dérèglement climatique. Cela ne règlera évidemment pas tout, mais ce sera notre part, un peu comme le colibri qui déverse quelques gouttes d’eau pour éteindre l’incendie dans la forêt et qui répond aux autres animaux qui se moquent de lui car cela ne sert à rien tant il est petit : « je suis petit, mais je prends ma part.»

1 Comment

  1. 1) Concernant l’agriculture urbaine, vous oubliez l’association Cultivons Ensemble forte d’une cinquantaine de membres, qui gére 5 jardins partagés répartis sur Noisy.

    2) Il faudrait réduire la part de l’automobile dans Noisy en annulant la demi heure de parking gratuite et en organisant des lignes de bus Zero carbone avec un maillage plus étroit, en adaptant leur capacité en fonction des heures et en augmentant leur fréquence surtout les dimanches matins. La gratuité serait un plus non négligeable.

    3) Il serait souhaitable que la place et le comportement de la Police Municipale soient modifiés. Suppression de l’armement, remplacement de leurs véhicules par des véhicules plus petits et moins polluants, leur imposer un mode de conduite éco responsable.

Répondre à alain Annuler la réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*